Aorlhac

La Cité des Vents tracks

Lyrics

1. A LA CROISÉE DES VENTS II

(intrumental)




2. LE BUCHER DES CATHARES

Les « Bonshommes » et « Parfaits » s’implantent
Dans le comté de Toulouse
Les seigneurs occitans en se montrant indulgents
Entraînent la croisade albigeoise
Et l’annexion du Languedoc
Ouvrent la porte à la domination
Sur le reste de l’Occitanie.

Pénètre dans la cité fortifiée de Carcassonne
Qui traverse ses heures les plus sombres
Où le temps semble figé (XIIIe siècle)
Pour une traque sans merci.
L'inquisition est la dernière arme
Pour venir à bout des hérétiques
Vivant les pires heures de leur histoire
Ceux qui refusent d’abjurer
Subissent le bûcher.

Voilà maintenant des mois que le siège perdure.
Du haut d’un éperon rocheux, Montségur,
Résiste à tous les assauts.
Gravissant de nuit les parois abruptes
L’armée royale s’empare du poste de guet
Le plus éloigné du Castrum.
Sévit alors le tonnerre des catapultes
Les derniers survivants ayant refusé d’abjurer
Périssent dans les flammes du bûcher.

Mais ce martyre collectif
Ne mettra pas fin à la dissidence
Dont la foi restera vivace.




3. PLÈRION

Je suis une étoile mourante, retirée de ce ciel sans couleur
Maintenant perdue à jamais, parmi tant d’autres douleurs
Misanthropie exacerbée, refusant à jamais de contempler
Le fléau qui anime vos contrées, pour toujours un destin isolé
La langue de l’inconscience domine avec ferveur en vos cœurs

Juste une étoile mourante, ma poussière se distille lentement
En millions de fragments qui caressent ce bleu firmament
M’éloignant un peu plus, à chaque coup de vent
De vos mortuaires exaltations, terrestres dégradations

Ma voie lactée sera l’explosion ultime, et l’éternelle balance
Qui oscille vers votre morne fléau, un astre pour une souffrance
La conclusion finale sera l’explosion cosmique, force céleste
Qui balayera avec ampleur et vigueur vos âmes suintant la peste
Mais je ne suis qu’une étoile mourante, parcourant les cieux béants

Misanthropie exacerbée, refusant à jamais de contempler
Le fléau qui anime vos contrées, pour toujours un destin isolé

Juste une étoile mourante, ma poussière se distille lentement
En millions de fragments qui caressent ce bleu firmament
M’éloignant un peu plus, à chaque coup de vent

J’amènerai grâce et force lumineuse pour réparer les méfaits
Trop longtemps parsemés sur une terre qui faiblit et désormais
Revêtira une nouvelle parure, et insufflera le changement éternel
De la bonne parole et du fondement pour la rémission nouvelle.




4. LE MIROIR DES PÊCHÉS

Au sommet d’une colline contournée à sa base par la Loire
Gisent les ruines du château de Montsuc
Dont les sombres tours reflètent les atrocités commises jadis.
Voici ce que racontent les vieilles femmes le soir à la veillée.

Le dernier des seigneurs rançonnait voyageurs et marchands.
Il battait les paysans et les faisait pendre.
Enlevant les jeunes filles pour les martyriser.
Il faisait placer dans le feu les pieds des enfants
Qui braconnaient en ses terres.
Il laissa mourir une belle jeune noble
Dans une lente agonie pour la punir de sa résistance
Mais un beau jour, le baron de Montsuc disparut.

Des voyageurs affirment qu’un animal
Dont les yeux lançaient des éclairs et la gueule des flammes
Dévorait hommes et animaux avec la vitesse du vent
S’acharnait sur les femmes et enfants
Enlevant les jeunes filles qui gardaient leurs troupeaux.

Ont eut recours aux neuvaines et aux prières pour ses débarrasser de ce fléau
Aucun chasseur n’osait affronter l’animal surnaturel
On trouvait des membres d’enfants disséminés sous les arbres.

Un soir, le monstre tentait d’emporter une jeune fille
Entendant les cris désespérés, un bûcheron
D’un coup de cognée brise les reins de l’animal.
La bête blessée se métamorphosa
En la personne du baron expirant tous ses pêchés.

La légende conserve le souvenir des méfaits des seigneurs
Dont un grand nombre seront punis aux Grands-jours d’Auvergne.




5. SANT FLOR, lA CITE DES VENTS

La brume se dissipe sur la morne planèze.
C’est alors que se dévoile la Cité des Vents
Maculée en son sein de vagues sanglantes
Orchestrées par Garlan, à la solde des Anglais.

Dans cet inexpiable conflit qui embrasse les siècles
Il parcourt nos terres de ses redoutables chevauchées.
L’heure du drame allait sonner :
Les troupes du bâtard [Garlan] s’emparent et mettent à sac
Alleuze, fief majestueux, à la lisière de la vallée.

Repère de brigands, cuirassé comme une forteresse
Des entrailles du donjon
Souffle un vent de terreur
Sur l’âpre cité vivant dans les affres.
Menacée de jour comme de nuit
Coupée du plat pays par de longs blocus
Sans cesse angoissée par les risques de trahison.

Le « bossu » [Garlan] conduit des raids dans les campagnes environnantes, incendiant chaumières et récoltes.
Le capitaine [Garlan] abandonne la contrée à prix d’or,
Poursuivant sa belliqueuse épopée dans les terres du sud
Où sa trace disparaît de nos chroniques.
Les villageois mettent fin à ce spectacle sordide
Embrasent le château, dont il ne reste que des ruines
Et mettent un terme à leur asservissement.

La ville connut les temps les plus noirs
Mais aussi ses plus belles heures de gloire.
Résistant à tous les assauts
Au prix de constants sacrifices
On fêtait « la vuide des montagnes ».




6. VERS LES HONNEURS

Indestructible donjon, témoin des luttes féodales
Anjony, vestige somptueux offense la vue des Tournemire ;
Ils commettent des escarmouches
Pour une promesse de renaissance
Attendant avec crainte le Jugement Dernier.

L’affrontement des deux races se termine dans le sang
Et la profanation des lieux saints
Rigaud, être à jamais seul assassine l’intendant d’Anjony.
Armé d’épées et de bâtons, il empêche les chapelains
D’ensevelir le corps du défunt.
D’une maladive folie, être pourri aux joies obscènes,
Sombre dans un gouffre amer.
Mais le bâtard rompt l’accalmie d’une nostalgie barbare,
En tuant l’abbé, frère des Anjony,
L’achevant dans l’enceinte du cimetière,
Lieu d’asile inviolable.
Le cadavre, déterré et jeté devant la couche conjugale,
Fut dévoré par les chiens.
Face aux cris d’horreur et d’agonie du village
Noyant leurs dernières haines
Dans l’atmosphère lugubre d’une cellule ;
Le clan ne s’en relèvera pas.
Les démêlés vont se poursuivre
Encore et encore
Avec la même monotonie.

L’interminable inimitié qui dura des siècles
Aura fait résonner de ses clameurs
Les monts de la haute Auvergne.




7. LA COMPTINE DU DRAC

Monstre aquatique à l’apparence humaine
Tu parcours nos campagnes à la nuit tombée
En prenant toute forme que t’inspire ta cruauté.
Esprit du diable et de la perversité
Tu te distraies des misères des hommes.

Tout près du ruisseau aux Narcisses
Alors qu’un jeune homme boiteux
Aperçut un mouton qui bêlait
Saisit désespérément l’animal
Pour le transporter sur son dos.
Mais il comprend brusquement
L’injustice de son action.
L’infâmant a élu domicile
Sur le corps du bougre.

Une femme fut emportée par le courant du Rhône
Dans les entrailles d’une caverne
Où l’abject s’était niché.
Il lui ordonna de donner son sein
Pour remplir de son sang une coupe ;
La souillant pendant sept ans.
Il y avait autrefois une maison
Où il se jouait des habitants.
Dans les tréfonds les plus obscurs,
On entendait une voix, qui riait à bouche.
L’espiègle se promenait
Dans les greniers, traînant des chaînes
Qui produisaient un bruit d’enfer.

Il tenait à savoir le nombre de toute chose qu’il voyait.
On mettait dans le coin des chambres
Des tas de graines de lin
Le lutin préférait alors s’en aller
Que de se livrer à un labeur aussi accablant.




8. LES ENFANTS DES LIMBES

Un vigneron partit un matin pour travailler.
Un peu avant la pointe du jour,
Arrivant à un endroit qui s’appelait Fontmort
Il se vit entouré d’enfants habillés tout en blanc.
Plus petits que ceux qui viennent de naître
Se pressant autour de lui, criant d’une voix lugubre.
Leurs visages de cadavres putréfiés,
Vomissant une sombre pestilence,
Les orbites vides et la peau morcelée,
Transportant sur leurs épaules de lourdes pierres,
Tous enchaînés, leurs cris lamentables
Se mêlaient aux rafales du vent.
Ces malheureux trépassés traînaient leur peine.
De leur vivant, ils déplacèrent une borne.
Condamnés à venir chaque nuit noire
A chercher, sans jamais le retrouver
Le lieu où ils l’avaient arrachée.

Ils passent et repassent près du canton
Où ils violèrent la propriété d’autrui.
Sans jamais la reconnaître
S’enfonçant dans les frontières du monde réel
Disparaissent peu à peu
En poussant constamment des cris de détresse...